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Les enfants laissés pour compte (Bilan Innocenti 9)

Actualité mise en ligne le 3 décembre 2010

Nouveau rapport de l’UNICEF : les pays riches laissent tomber leurs enfants les plus pauvres

Un nouveau rapport publié par le Centre de recherches de l’UNICEF à Florence établit que les enfants de nombreux pays riches d’Europe et des Etats-Unis subissent de plus grandes inégalités que les enfants de la plupart des pays industrialisés. Il apparaît ainsi que l’Italie, les Etats-Unis, la Grèce, la Belgique ou la Grande Bretagne laissent sombrer leurs enfants les plus vulnérables bien plus profondément que des pays tels que le Danemark, la Finlande, l’Irlande, la Suisse ou les Pays-Bas. Sur base de ce rapport, UNICEF Belgique presse les autorités belges de prendre les mesures nécessaires pour réduire les inégalités entre les enfants dans les domaines de la pauvreté et de l’exclusion. Laisser l’écart se creuser entre les enfants les plus vulnérables et la moyenne de ceux de leur tranche d’âge est une violation de leurs droits nuisible tant pour eux que pour l’ensemble de la société.

Le rapport « Bilan Innocenti 9 : les enfants laissés pour compte » classe pour la première fois 24 pays de l’OCDE selon le critère de l’égalité aux niveaux de la santé, de l’éducation et du bien-être matériel des enfants. Le rapport se concentre sur le fossé relatif qui existe entre les enfants ; il n’établit pas tant une comparaison entre la position des « meilleurs » enfants et celle des « plus mauvais » qu’un rapport entre la médiane (ce qui est « normal » pour un pays) et les groupes les plus bas de l’échelle sociale. La question cruciale qui ressort du rapport est de savoir jusqu’où les pays laissent aller les enfants sous cette médiane.

C’est ainsi que l’Italie, les Etats-Unis, la Grèce, la Belgique et le Royaume-Uni, par exemple, semblent laisser leurs enfants descendre l’échelle sociale bien plus bas que des pays tels que le Danemark, la Finlande, la Suisse ou les Pays-Bas. Le rapport précise que les conséquences de ces retards sont énormes pour les enfants mais aussi pour toute l’économie ou la société des pays concernés.

« A l’heure où des débats sont menés sur des mesures d’austérité ou de restrictions dans le secteur social, le rapport, lui, se focalise sur les centaines de milliers d’enfants qui risquent d’être marginalisés dans les pays pourtant les plus riches de la planète », explique Gordon Alexander, le directeur du Centre Innocenti de l’UNICEF. « Ceci ne devrait pas exister – la norme utilisée dans ce rapport n’est pas basée sur l’un ou l’autre idéal visant à plus d’égalité mais sur ce que certains pays de l’OCDE ont atteint pour leurs enfants. »

Voici ce qui ressort du rapport :

1. Un petit nombre de pays – Danemark, Finlande, Pays-Bas et Suisse – prennent réellement l’initiative quand il s’agit de promouvoir l’égalité dans le domaine du bien-être de l’enfant. La Grèce, l’Italie et les Etats-Unis, en revanche, laissent leurs enfants aller très loin vers le bas.

2. La Suisse enregistre les inégalités les moins fortes au niveau du bien-être matériel, suivie de près par l’Islande et les Pays-Bas. Au bas de l’échelle, le fossé est le plus grand en Slovaquie, aux Etats-Unis et en Hongrie.

3. En termes d’apprentissage scolaire, c’est en Finlande, en Irlande et au Canada, que les moins bons élèves encourent bien moins de risques de retard scolaire par rapport à leurs condisciples qu’en Autriche, en France ou en Belgique.

4. Les niveaux les plus bas d’inégalité pour la santé sont enregistrés aux Pays-Bas, suivis de la Norvège et du Portugal. Ici ce sont la Hongrie, l’Italie et les Etats-Unis qui affichent les plus mauvais scores.

Sur base de données qui ont été rassemblées avant la crise financière, le rapport se définit comme un « instantané effectué en temps normal » et rappelle que les conséquences les plus graves de la récession économique se font le plus souvent sentir sur les familles les plus pauvres. « En temps de crise », souligne le rapport, « ce sont précisément les enfants les plus pauvres qui doivent être protégés les premiers. Un enfant n’a qu’une seule fois la possibilité de se développer physiquement et mentalement. Et c’est aux autorités qu’incombe en tout premier lieu cette responsabilité, en temps de crise comme en temps de croissance. »

Des centaines d’études menées dans différents pays de l’OCDE ont montré que le coût représenté par un enfant « largué » par rapport aux autres, augmente très vite. « Le coût le plus cher est assumé en premier lieu par l’enfant lui-même », explique le Bilan Innocenti 9, « mais la société dans son ensemble paie aussi la facture sous la forme d’une plus grande pression sur les services de santé, la formation continue, les programmes de protection sociale et de bien-être, etc »

C’est la première fois qu’un rapport donne un aperçu des inégalités quant au bien-être des enfants dans 24 pays riches. Le Bilan Innocenti 9 présente en outre un étalon réaliste pour corriger ces inégalités. Les comparaisons établies au niveau international y contribuent aussi. Un tel instrument de mesure est particulièrement pertinent à un moment où il reste tant à faire pour résoudre les problèmes de pauvreté et d’exclusion sociale. Trop souvent encore, les textes de loi européens ou nationaux oublient d’accorder suffisamment d’attention à la situation des enfants et de leur famille.

Le rapport formule aussi des recommandations en montrant que certains pays parviennent à bien mieux réduire les inégalités dont sont victimes les enfants que d’autres. Il met aussi en avant les pays qui sont parvenus efficacement à juguler ces inégalités et à réduire la pauvreté notamment grâce à des allocations pour enfants à charge ou à certains avantages fiscaux, ce qui indique clairement que les inégalités varient sensiblement en fonction des choix sociaux et politiques des Etats. Le Bilan Innocenti 9 montre aussi que l’on peut tendre vers une plus grande égalité sans pour autant exercer des effets négatifs sur la croissance économique.

« Les 24 pays de l’OCDE comparés dans le rapport, sont tous des pays fortement développés avec une réelle capacité de limiter la pauvreté infantile, déclare Gordon Alexander. « Le fait que certains pays s’en sortent mieux que d’autres révèle clairement que l’on peut briser ces inégalités et que, si l’exclusion sociale est identifiée à un stade précoce, il est possible de limiter les écarts. Les différences présentées dans ce rapport constituent en soi un défi réaliste à relever. »

A propos d’UNICEF Belgique : la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale se trouve au centre du travail d’UNICEF Belgique. UNICEF Belgique se préoccupe aussi des droits de l’enfant en Belgique. Pour ce faire, il collabore avec divers partenaires au sein du projet de participation « What Do You think ? » afin de permettre aux enfants et aux jeunes de faire entendre leur voix et de participer aux débats politiques et de société. UNICEF Belgique a apporté son soutien financier à la rédaction de ce rapport.

Contact :
Benoît Melebeck
Communication Manager
UNICEF Belgium
Tél. +32/2/230.59.70
Mob +32/476/43.08.07
bmelebeck@unicef.be
www.unicef.be

En téléchargement

UNICEF Report Card 9 Les enfants laissés pour compte (PDF, 1.5 Mo)